Piloter sa marque employeur sans KPI, c’est exactement comme rouler sans tableau de bord. Vous avancez. Vous ne savez pas où vous en êtes, ni si vous allez dans la bonne direction. Pourtant, la plupart des organisations mesurent leur marque employeur avec les mauvais indicateurs. Elles comptent les candidatures, regardent le taux de clics sur leurs offres, et s’arrêtent là. Ce faisant, elles passent à côté des trois chiffres qui disent vraiment si leur marque employeur fonctionne.
Pourquoi les KPI habituels ne mesurent pas ce qui compte
Le nombre de candidatures reçues est l’indicateur le plus suivi en marque employeur. C’est aussi l’un des moins utiles. Un volume élevé de candidatures ne dit rien sur leur qualité. Recevoir 500 CV dont 480 sont hors cible n’est pas un signe de bonne santé de votre marque employeur. C’est un signe que vous attirez les mauvaises personnes, ou que votre message n’est pas assez ciblé.
De la même façon, le taux de clics sur vos offres d’emploi mesure l’attractivité de vos titres et de vos visuels, pas la force de votre marque employeur. Un candidat peut cliquer par curiosité et abandonner dès qu’il lit le contenu. Par conséquent, ce chiffre vous dit ce que font les gens au premier contact. Il ne vous dit pas pourquoi ils restent ou pourquoi ils partent.
Les indicateurs qui comptent vraiment mesurent la qualité, la tendance et les points de rupture. Ce sont précisément ceux que personne ne regarde.

Le vrai problème : vos candidats ne vous connaissent pas encore
Dans 8 cas sur 10, les candidats ne connaissaient pas l’entreprise avant de postuler. Ce chiffre en dit long : votre marque employeur est probablement invisible en dehors de votre sphère.
Et pourtant, plus de 70 % des talents sont aujourd’hui en posture passive :
- Ils ne cherchent pas activement.
- Ils ne sont pas sur les job boards.
- Ils ne verront jamais votre post LinkedIn.
Alors, comment aller les chercher là où ils sont ?
KPI 1 : le taux de transformation de candidatures qualifiées
Ce que c’est
Ce n’est pas le nombre de candidatures reçues. C’est le ratio entre le nombre de candidatures reçues et le nombre de candidatures réellement pertinentes pour le poste. Autrement dit : parmi tous ceux qui ont postulé, combien correspondaient vraiment à ce que vous cherchiez ?
Pourquoi c’est le bon indicateur
Un commerçant qui a du monde dans sa boutique sans faire de ventes ne se félicite pas. C’est pourtant ce que font beaucoup de DRH qui se satisfont d’un volume élevé de candidatures sans regarder ce qu’elles valent. Ce taux de transformation dit si votre marque employeur attire les bons profils ou simplement du volume.
Un taux de transformation faible sur un poste donné peut révéler plusieurs choses : un message de recrutement trop générique, une promesse employeur qui parle à tout le monde et ne convainc personne, ou une visibilité sur des canaux inadaptés à votre cible.
Comment le calculer
Nombre de candidatures qualifiées divisé par le nombre total de candidatures reçues, sur une période donnée. Définir ce qu’est une candidature qualifiée est la première étape. Cela suppose d’aligner les RH et les managers recruteurs sur des critères précis avant de lancer chaque campagne.
KPI 2 : l’évolution du NPS collaborateur dans le temps
Ce que c’est
Le NPS collaborateur (Employee Net Promoter Score) mesure la propension de vos collaborateurs à recommander votre entreprise comme employeur. Il se calcule à partir d’une seule question : sur une échelle de 0 à 10, recommanderiez-vous cette entreprise comme employeur à quelqu’un de votre entourage ?
Pourquoi l’évolution compte plus que le score
Un NPS pris une fois par an est une photo. Utile, mais insuffisant. Suivi dans le temps et corrélé à vos actions de marque employeur, c’est un baromètre. Il vous dit si vos initiatives ont un effet réel sur la perception de vos collaborateurs, ou si elles restent sans impact sur le terrain.
Par exemple, si vous lancez un programme de reconnaissance managériale en janvier et que votre NPS collaborateur progresse de 8 points entre janvier et juin, vous avez un signal concret sur l’efficacité de cette initiative. A l’inverse, si votre NPS stagne ou baisse malgré vos actions, c’est un signal d’alerte à prendre au sérieux.
Comment l’utiliser concrètement
Mesurer le NPS collaborateur deux fois par an minimum. Segmenter les résultats par ancienneté, par service et par niveau hiérarchique pour identifier les poches de désengagement. Corréler les variations avec vos actions RH et marque employeur pour évaluer ce qui fonctionne vraiment.
KPI 3 : le taux d’abandon dans le parcours candidat
Ce que c’est
C’est le pourcentage de candidats qui abandonnent le processus de recrutement après avoir initié une candidature. Autrement dit : parmi ceux que vous aviez convaincus de postuler, combien avez-vous perdus en route ?
Pourquoi c’est le KPI le plus révélateur
C’est l’indicateur que personne ne regarde parce qu’il dit exactement où vous échouez. Un candidat qui abandonne après avoir postulé était intéressé. Vous l’aviez convaincu. Et vous l’avez perdu. C’est une perte bien plus coûteuse qu’un candidat qui ne postule pas, parce qu’elle révèle un problème dans votre processus, pas dans votre attractivité.
Les causes les plus fréquentes d’abandon : un processus trop long, un manque de communication entre les étapes, des entretiens mal organisés, une expérience candidat dégradée. Ainsi, ce taux d’abandon pointe précisément là où votre parcours candidat se fragilise.
Comment le mesurer
Suivre le nombre de candidatures initiées versus le nombre de candidatures complétées à chaque étape du process. Identifier les étapes où les abandons se concentrent. C’est souvent entre la candidature en ligne et la prise de contact RH, ou entre le premier entretien et la décision finale.
Comment mettre en place ces trois indicateurs concrètement
Les outils
Un ATS (Applicant Tracking System) permet de suivre le taux de transformation et le taux d’abandon dans le parcours candidat. Si vous n’en avez pas, un tableau de suivi simple suffit dans un premier temps. Pour le NPS collaborateur, un outil comme Typeform, SurveyMonkey ou un module intégré à votre SIRH permet de déployer la mesure rapidement.
La fréquence de mesure
Le taux de transformation et le taux d’abandon se suivent par campagne de recrutement ou par trimestre. Le NPS collaborateur se mesure deux fois par an minimum, idéalement en début d’année et en milieu d’année, pour capter les effets des actions menées dans l’intervalle.
Qui pilote
Ces trois indicateurs ne peuvent pas être pilotés par les RH seuls. Le taux de transformation implique les managers recruteurs dans la définition des critères. Le taux d’abandon implique les équipes recrutement et communication dans l’amélioration du parcours candidat. Le NPS collaborateur implique la direction dans l’interprétation des résultats et la décision d’actions correctives.
Questions fréquentes
Par où commencer si on n’a aucun KPI marque employeur en place ? Par le plus simple à mettre en oeuvre : le NPS collaborateur. Une question, deux fois par an, segmentée par service. C’est accessible, rapide, et il donne immédiatement une vision de l’état de votre marque employeur interne.
Le nombre de candidatures a-t-il vraiment si peu de valeur ? Il a de la valeur comme indicateur de notoriété. Il dit si vous êtes visible. En revanche, il ne dit pas si vous attirez les bons profils, ni si votre processus de recrutement est efficace. C’est pourquoi il doit être complété par le taux de transformation pour être utile.
Comment convaincre la direction de suivre ces indicateurs ? En les traduisant en coûts. Un taux d’abandon élevé dans le parcours candidat représente un coût de recrutement gaspillé. Un NPS collaborateur en baisse est un signal avancé de turnover à venir. Ramener ces indicateurs à des euros facilite la conversation avec une direction qui pense en chiffres.
Faut-il communiquer les résultats du NPS collaborateur aux équipes ? Oui, et c’est indispensable. Mesurer sans restituer détruit la confiance. Les collaborateurs qui ont répondu à l’enquête veulent savoir ce que leurs réponses ont produit comme décisions. Une restitution transparente, même quand les résultats sont décevants, renforce l’engagement bien plus qu’un score flatteur jamais partagé.
Ces KPI sont-ils adaptés aux PME ? Absolument. Les PME ont souvent l’avantage de pouvoir mesurer ces indicateurs avec des outils simples et de prendre des décisions correctives rapidement. La complexité des outils n’est pas un prérequis. La régularité de la mesure, en revanche, l’est.
Pour aller plus loin
- Audit marque employeur : ce que vous devriez savoir avant de lancer votre stratégie
- Expérience collaborateur : quand la vitrine est plus belle que la boutique
- Promesse employeur : définition, axes clés et méthode pour la bâtir
- Mobilité interne : ce qui bloque vraiment et comment le débloquer
- Marque employeur : comment structurer un COPIL RH / communication efficace
Vous pilotez votre marque employeur mais vous ne savez pas vraiment si vos actions produisent des effets ? C’est exactement ce type de sujet sur lequel Megabar intervient.
Un premier échange suffit à identifier les bons indicateurs pour votre situation et ce qui ferait vraiment la différence.



