Un mot, une enveloppe, aucune explication
Depuis décembre 2025, un mot circule avec insistance dans les fils LinkedIn des professionnels des ressources humaines : Undercover. À l’origine, quelques publications intrigantes montrant une enveloppe noire, accompagnées de textes travaillés, souvent énigmatiques, parfois narratifs, dans lesquels chacun rivalise d’ingéniosité pour proposer une mise en scène différente. Le point commun apparaît rapidement : tous ceux qui publient évoluent dans la sphère RH, qu’ils soient recruteurs, responsables attractivité, responsables marque employeur ou créateurs de contenu spécialisés. Aucun ne précise de quoi il s’agit réellement. Le mot se répand, sans définition.
Très vite, l’absence de marque, d’entreprise identifiée ou d’événement annoncé interpelle. Aucun dispositif digital n’est visible, pas de landing page, pas de formulaire d’inscription, pas de campagne sponsorisée. Seule constante : l’enveloppe noire. Le phénomène se construit progressivement, par touches successives, au fil des publications.
Le canal avant le concept
Début janvier 2026, le format évolue. Des vidéos apparaissent dans les fils LinkedIn. Des visages. Un premier terme circule : fondatrices. Une première piste se dessine également. Undercover serait un concours de talents destiné à mettre en lumière les professionnels RH en France. Le cadre reste flou, les contours volontairement incomplets, mais l’intérêt s’amplifie.
Ce qui déclenche réellement le buzz n’est pourtant pas le concept du concours, mais le canal choisi pour initier le mouvement. Les porteurs du projet n’ont pas opté pour l’emailing, ni pour les InMails LinkedIn, ni pour une prospection classique. Ils ont privilégié un média aujourd’hui marginal dans l’univers professionnel : le courrier postal. Une enveloppe, une feuille, un QR code. Dans un environnement saturé de sollicitations numériques, recevoir une lettre devient un événement. Autre effet mécanique : les courriers n’arrivent pas tous simultanément, ce qui entraîne une succession de publications étalées dans le temps et alimente le phénomène par vagues.
Sur chaque courrier figure un QR code. Les destinataires qui le scannent sont redirigés vers un groupe WhatsApp. Un choix atypique pour des échanges professionnels, habituellement cantonnés à LinkedIn ou Slack. Le groupe réunit aujourd’hui 109 personnes. Aucun message d’accueil structuré, aucune règle formalisée, aucun cadre clair. Les échanges y sont parfois décousus, souvent interrogatifs. Une question revient régulièrement : qui est derrière Undercover ?

Deux professionnels RH à l’origine
La réponse tombe quelques semaines plus tard. Contrairement aux premières suppositions, Undercover n’est pas porté par des fondatrices, mais par deux hommes, deux professionnels RH et deux amis : Jonathan Goldfarb, directeur du développement RH chez Synergie, et Benoît Thièbe, responsable recrutement et marque employeur chez IKEA. Leur volonté est assumée : rester en retrait pour laisser toute la place aux talents qui candidateront.
La genèse du projet remonte à février 2025. Les deux hommes échangent alors, tard dans la nuit, autour d’une intuition commune : créer un espace simple et ouvert, loin des dispositifs jugés trop lourds ou trop codifiés, où des professionnels RH pourraient révéler un talent artistique, créatif ou performatif sans être réduits à leur fonction. Un temps baptisé HR Got Talent, le projet abandonne rapidement cette appellation, jugée trop explicite. Le nom Undercover s’impose progressivement, pour évoquer ce qui se cache, ce qui reste à couvert, ce qui ne trouve pas habituellement sa place dans l’espace professionnel.
Ce que propose Undercover aujourd’hui
Aujourd’hui, Undercover se présente comme un concours de talents ouvert aux professionnels RH. Le site propose plusieurs catégories : scènes et mouvement, musique et voix, illusion et visuels, expression et création, ainsi qu’un format libre. Les candidats ont jusqu’au 10 mars pour envoyer une vidéo de leur talent. En juin, devant un public, les talents sélectionnés se produiront lors d’un événement dédié. Selon les organisateurs, près d’une centaine de demandes ont déjà été reçues et environ vingt-six candidatures officielles enregistrées. Le projet est soutenu par plusieurs partenaires du secteur : LinkedIn, Teamtailor, Indeed et Ideuzo.
Au-delà du concours lui-même, Undercover révèle une évolution des codes de communication dans l’écosystème RH. À l’heure où la majorité des messages sont frontaux et immédiats, le projet a choisi le mystère, la lenteur et la rareté. Reste désormais à savoir si l’objet final sera à la hauteur de la mise en scène. La réponse, en juin.
Reste une question centrale : Undercover est-il avant tout un coup de communication remarquablement exécuté, ou le point de départ d’un nouveau type d’espace d’expression pour les professionnels RH ?
Le concours dira, en partie, si la promesse tient dans le temps. Mais une chose est déjà certaine : Undercover a rappelé à tout un écosystème qu’il existe encore des manières simples, peu coûteuses et créatives de capter l’attention, sans algorithme ni budget média massif.
Dans un monde RH saturé de formats, d’événements et de prises de parole, l’opération pose une question plus large : faut-il désormais moins expliquer, et davantage suggérer ?
La réponse, comme souvent, ne se trouvera sans doute pas dans un concept unique, mais dans la capacité des organisations à accepter de lâcher un peu de contrôle sur leur communication.
Undercover n’a peut-être pas seulement lancé un concours. Il a peut-être ouvert une brèche.
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Pour aller plus loin sur le blog Megabar
Les phénomènes comme Undercover rappellent une chose : les codes de la communication RH évoluent vite.
Reste à savoir quelles entreprises sauront s’en emparer avec justesse.
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